Voilà maintenant presque deux semaines que beaucoup d’entre nous se retrouvent en confinement chez eux. L’isolement physique et la disparition soudaine de nos routines familières peuvent être très perturbants pour chacun. Afin de vous aider à mieux traverser cette période difficile, je vous partage une suggestion inspirée de la psychologie positive. Avant d’aborder les questions elles-mêmes, je tiens à dire que je suis bien conscient que tout le monde n’a pas le privilège de pouvoir rester confiné chez soi, en sécurité. Les professionnels de santé, de l’alimentation, des transport en commun et les autres travailleurs essentiels sont en première ligne pour prendre soin de nous, au risque de se mettre, eux-mêmes et leurs familles, en grand danger. Je les en remercie. Ils méritent non seulement notre gratitude et notre solidarité, mais également des équipements de protection adéquats et une prime de risque. Puissions-nous nous rappeler que c’est un privilège d’être confiné en toute sécurité à la maison et de pouvoir se poser ces questions.

1. De quoi suis-je reconnaissant aujourd’hui?

Cette question est inspirée de la pratique de psychologie positive qui consiste à exprimer et cultiver la gratitude au quotidien, même dans les conditions les plus difficiles. De quoi êtes-vous reconnaissant aujourd’hui? Prenez deux minutes chaque jour pour faire la liste d’au moins cinq choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant. complétez-la tout au long de la journée. Cette pratique permet de se concentrer sur positif qui est là, dans notre quotidien et contribue à se défocaliser de tout ce qui n’est pas là ou plus là (pour l’instant).

2. Avec qui je me connecte aujourd’hui ?

Comme beaucoup l’ont reformulé à juste titre, ce n’est pas la distance sociale dont nous avons besoin, mais plutôt la solidarité sociale tout en maintenant la distance physique. Choisissez trois personnes chaque jour à contacter. Appelez votre grand-mère. Appelez votre maman en FaceTime. Envoyez des SMS à vos amis. Saluez vos voisins par la fenêtre. Si vous avez plus à donner, rejoignez l’un des nombreux groupes de soutien qui se sont constitués pour communiquer avec des personnes handicapées et des personnes âgées isolées qui ont besoin d’un soutien supplémentaire.

3. Quelles sont les attentes «normales» que je laisse tomber aujourd’hui?

Nous affrontons une pandémie mondiale. Plus de deux milliards de personnes sont désormais confinées. Vous êtes soudainement sans travail ou travaillez à domicile tout en gérant simultanément l’école à la maison et en désinfectant frénétiquement les surfaces. Ce n’est pas grave si vous n’arrivez pas à traiter tous les messages de votre boîte de réception avant la fin de la journée de travail. Ce n’est pas grave si les enfants n’apprennent rien aujourd’hui, mais sont toujours aimés et vivants au coucher. Découvrez ce qui compte réellement pour vous en ce moment et concentrez-vous là-dessus. La romancière de science-fiction Octavia Butler, qui a écrit sur la résilience et l’adaptation en temps dystopiques, nous dit: «La seule vérité durable est le changement». Plus vite nous abandonnons les attentes de «normal», plus vite nous nous adaptons.

4. Comment vais-je « sortir » aujourd’hui?

Celle-là, vous la trouverez sans doute un peu provocante! La nature, l’air frais et le soleil sont bons pour notre système nerveux. Bien que nous ne soyons plus en mesure d’accéder aux forêts ou à l’océan, le simple fait de sortir de la maison est utile. Asseyez-vous au soleil pendant 10 minutes! Sortez brièvement pour voir la lune quand elle se lève! Même si vous ne pouvez pas sortir physiquement, ouvrez une fenêtre pour prendre l’air.

5. Comment est-ce que je bouge mon corps aujourd’hui?

La crise augmente la peur et l’anxiété. Plus nous pouvons sortir de notre tête et entrer dans notre corps, plus nous nous sentirons enracinés. Faites une promenade de 10 minutes autour du quartier. Montez les escaliers de votre immeuble. Faites cinq pompes. Suivez les nombreux cours de yoga ou séances de sophrologie gratuits proposés en ligne actuellement. Si vous avez une mobilité ou une condition physique limitées, vous pouvez faire tourner vos chevilles en cercle tout en étant assis. Massez votre visage pour diminuer la tension de votre mâchoire. Mettez une main sur votre cœur pour sentir ses battements. Tout ce qui vous permet de vous reconnecter à votre corps contribuera à faire baisser la tension.

6. Quelle beauté est-ce que je crée, cultive ou invite dans ma vie aujourd’hui?

La beauté est un puissant antidote au désespoir. Reconnaître la beauté du monde et l’introduire dans nos vies c’est que la vie existe encore et mérite qu’on se batte pour elle. Devenir des créateurs, et pas seulement des consommateurs, de la culture nous donne, en plus, le sentiment de reprendre prise sur la réalité . Grace Lee Boggs, la défunte philosophe et militante sociale de Détroit, nous a enseigné qu’une «révolution basée sur des personnes exerçant leur créativité au milieu de la dévastation est l’une des grandes contributions historiques de l’humanité». Alors, écrivons sur nos vies, dessinons nos rêves, chantons nos peines, plantons des jardins, cuisinons! Profitons des nombreuses visites virtuelles de musées, d’expositions, représentation d’opéra ou spectacles vivants mis à disposition gratuitement et créons une culture pour survivre aux moments difficiles où et comment nous le pouvons.

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