Martin Seligman, décrit le style explicatif comme :  « La manière dont vous vous expliquez habituellement pourquoi les événements se produisent » (Seligman, 1990).

En d’autres termes, ce sont les petites histoires que nous nous racontons à nous mêmes pour donner un sens à notre vie.

Votre style explicatif est votre façon habituelle d’interpréter et de vous expliquer les événements à vous-même. Il est important de noter que les styles explicatifs des pessimistes et des optimistes sont facilement reconnaissables – de trois manières, également connues sous le nom de «3Ps» en anglais.

  • Personnalisation: concerne la perception de la causalité. Les événements sont provoqués de manière interne ou externe. Disons que vous perdez un match de tennis. Un joueur pessimiste interprétera la cause comme personnelle («J’ai échoué»). Cela contraste avec un optimiste qui tient compte de facteurs non personnels («L’herbe n’est tout simplement pas ma surface»).
  • Permanence: se rapporte à la perception du temps. Les événements sont perçus comme permanents ou temporaires. Les pessimistes interprètent les revers comme permanents («Je ne réussirai jamais à ce niveau»). En revanche, un optimiste voit le revers comme seulement temporaire («Je ne me suis pas bien préparé cette fois / J’ai eu un rhume»).
  • Omniprésence: se rapporte à la perception de l’espace. Les événements sont perçus comme globaux ou spécifiques. Les pessimistes voient les revers comme étant omniprésents («Rien ne marche pour moi»). En revanche, l’optimiste voit le revers comme confiné ou limité à un domaine de la vie («J’ai encore une vie en dehors du tennis»).

La mécanique du discours optimiste et pessimiste

La clé pour reconnaître le type de style explicatif réside dans l’utilisation des 3Ps pour examiner la manière dont les «bons» ou les «mauvais» événements sont décrits.

L’optimisme suppose que les bonnes choses sont permanentes, omniprésentes et internes. Les mauvaises choses sont considérées comme temporaires, spécifiques et causées de l’extérieur.

Le pessimisme est l’inverse de cette logique, comme le montre le tableau ci-dessous (Peterson, 2006):

Comment les styles explicatifs se manifestent dans la vie quotidienne

Prenons deux personnes, Pierre et Jean, qui postulent tous deux pour une promotion à l’usine de pot de fleurs. Les deux sont recalés.

Pierre est un pessimiste. Il suppose, à tort ou à raison, que la raison pour laquelle il a échoué est personnelle (je n’étais pas assez bon), et / ou permanente (je ne devancerai jamais), et / ou omniprésente (cela ruine tout – quel est le point de vivant).

Avec ce style explicatif, Pierre risque de renoncer à tenter sa chance, il est moins susceptible de recommencer et il est également plus vulnérable à la dépression.

En revanche, Jean est un optimiste. Face à un revers identique, il suppose que la cause est non personnelle (le neveu du patron l’a eu), et temporaire (j’ai eu une gueule de bois ce jour-là), et non omniprésente (cela affecte ma carrière, mais pas ma relation, mes loisirs, mon adhésion à un club de gym, etc.).

Identifiez votre style

Le site Authentic Happiness de Martin Seligman propose un test gratuit d’évaluation de l’optimisme pour mesurer votre niveau de permanence optimiste, d’omniprésence et de personnalisation. Cela vous permet de reconnaître, et donc de modifier, vos descriptions pour devenir plus optimiste.

Face à la perte ou la déception, nous avons tous intérêt à nous poser trois questions importantes :

  1. « Suis-je vraiment le seul responsable? Ou était-ce juste la malchance, la situation, ou les autres gens?
  2. « Combien de temps cela durera-t-il? c’est-à-dire, cela sera-t-il toujours comme ça ou cela va-t-il passer?
  3. « Qu’est-ce que cela affecte vraiment dans ma vie et qu’est-ce qui restera inchangé?

Ayez les questions ci-dessus tatouées sur la paume de votre main (métaphoriquement parlant) et lisez-les vous-même la prochaine fois que la vie vous chahute.

Adopter un style explicatif basé sur une appréciation juste des événements et l’auto-compassion est préférable au pessimisme habituel.

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